ADF International

Les chrétiens indiens sont confrontés à la violence collective au quotidien, montrent des chiffres récents

Summary

  • 29 cas de violences collectives recensés en janvier 2019 seulement
  • Une sœur de Mère Teresa a vu sa demande de libération sous caution rejetée à plusieurs reprises

NEW DELHI (18 mars 2019) – L’année 2019 n’a pas bien commencé pour les minorités religieuses de la plus grande démocratie au monde. La violence à l’encontre des chrétiens indiens a considérablement augmenté depuis le début de l’année. Rien qu’en janvier, le United Christian Forum et ADF India ont recensé 29 attaques collectives violentes contre des chrétiens dans 13 États différents en Inde.

« Personne ne devrait être persécuté à cause de sa foi. Il est inquiétant de voir ces actes horribles de violence collective se poursuivre. Il est grand temps d’adopter des lois spéciales pour protéger les chrétiens et les autres minorités religieuses des attaques et des incarcérations pour de fausses accusations », déclare Tehmina Arora, directrice d’ADF India, une organisation de défense des droits fondamentaux qui promeut la dignité inhérente à tous les peuples.

Violence collective systématique

Les attaques prennent souvent une forme similaire et attirent rarement l’attention de la police. Une foule arrive à une réunion de prière ou à une réunion de chrétiens, crie des injures et des intimidations et frappe les personnes présentes, y compris les femmes et les enfants. Ensuite, les pasteurs ou les prêtres sont généralement arrêtés par la police pour de fausses allégations de conversions forcées.

Dans le Chhattisgarh, il y a eu un cas où des membres d’un village ont été rejetés car chrétiens et battus, leurs Bibles étant détruites. Au Tamil Nadu, une foule a traîné plusieurs chrétiens dans un temple hindou, a couvert leurs têtes de cendres et les a forcés à adorer des dieux hindous. Jusqu’à présent, aucune plainte n’a été déposée devant de la police.

Les Sœurs de Mère Teresa sous la menace

Sœur Concelia Baxla est membre des Missionnaires de la Charité, la congrégation fondée par Mère Teresa de Calcutta. Elle travaillait dans l’un des nombreux orphelinats de l’ordre. L’année dernière, elle a été arrêtée pour de fausses accusations de traite d’êtres humains car l’un des employés aurait soi-disant reçu de l’argent pour faciliter une adoption. Si toutes les autres personnes impliquées dans l’affaire ont été libérées sous caution, l’appel de Sœur Concelia a été rejeté à plusieurs reprises.

L’évêque Theodore Mascarenhas, secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde, voit une tentative de nuire à l’Église en Inde dans le refus du droit de la sœur à être libérée sous caution, en dépit de son âge et de sa santé fragile. « Un certain pouvoir politique a décidé que elle sera le bouc émissaire afin de s’en prendre à l’Église. » Sœur Concelia est en prison depuis deux cent vingt deux jours, sans procès.

Pas d’incidents isolés

Paul Coleman, directeur exécutif d’ADF International, déclare : « Alors que le droit à la liberté de religion est protégé par la constitution indienne, nous voyons néanmoins les chrétiens faire face à la persécution et à la négation de leurs droits fondamentaux. Malheureusement, les récentes attaques de la foule ne sont pas des incidents isolés mais témoignent de ce que de nombreux chrétiens vivent aujourd’hui en Inde. Toute personne a le droit de choisir et de vivre librement sa foi. Nous exhortons le gouvernement indien à défendre ce droit et à faire davantage pour protéger les minorités religieuses et promouvoir la liberté de religion. »

Regardez Tehmina Arora parler de la persécution des chrétiens en Inde sur BBC World.

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